lundi 1 novembre 2010

un peu de nostalgie


Les vacances de la Toussaint ont toujours un goût un peu étrange, teinté de sucre, de pluie et de réflexion. C'est dans cette humeur que j'ai relue des livres de Roald Dahl. Notamment "Un conte peut en cacher un autre". Même si beaucoup de ces livres ont ce génie qui nous permet de rire tout en s'émerveillant, celui-ci reste mon préféré.

Qui n'a jamais eu envie de dire à Boucle d'or qu'elle était mal élevée, de crier au petit chaperon rouge de ne pas se laisser faire? Roald Dahl évacue toutes les frustrations de notre enfance concernant les contes.

Il laisse entre ces lignes un génie du burlesque que ne font que renforcer les rimes qui parcourent l'ouvrage. Roald Dahl, en plus d'avoir de l'humour, écrivait très bien. Ses livres se lisent avec plaisir. "Un conte peut en cacher un autre" est une merveille, à relire dès que le spleen s'installe, pour le chasser à coup de petit chaperon armée jusqu'aux dents.

mardi 7 septembre 2010

oh oui!!!


Carlos Ruiz Zafon. Ces trois noms ensemble signifient désormais beaucoup pour moi. Je me suis cet été plongé dans "L'ombre du vent". Une découverte incroyable! Un nouvel auteur à suivre.

Nous suivons l'histoire de Daniel, enfant de 8 ans dans l'Espagne franquiste. Il vit avec son père, dans le souvenir oppressant d'une mère décédée. Un jour, son père l'emmène au cimetière des livres oubliés, où Daniel trouve, perdu dans des méandres labyrinthiques, le livre "l'ombre du vent".

Mais ce livre n'a pas été transposé là par hasard, et Daniel devra, en plus de vivre sa vie, protéger ce livre, comme on se doit de protéger la littérature en général, garante de la survie de l'imaginaire et de l'espoir.

Car ce livre ne se contente pas d'être un roman fantastique à part entière, plein de mystère et parfois de suspens. C'est aussi un roman nostalgique sur la vie d'un garçon qui devient un homme, avec ses désillusions et ses bonheurs. C'est avant tout un cri d'amour à la littérature, à ces histoires qui nous prennent l'imagination, à l'intrication de l'imaginaire et de la vie des amoureux de la lecture.

Cela faisait longtemps qu'un livre ne m'avait pas autant plu! je dois avouer avoir même pleurer de bonheur quand Daniel et son père recueillent... Mais chut, j'en ai déjà trop dit...

Cerise sur le Carax (auteur du roman mystère dans le livre), la suite est disponible...

un hommage (un peu trop?) appuyé


"L'ombre d'Edgar Poe" de Matthew Pearl. J'ai toujours aimé le grand Edgar, alors quand on m'a offert ce livre, j'en aurais bondi de joie! L'auteur est un habitué des hommages. Son livre "Le cercle de Dante" se servait déjà de "la Divine Comédie" pour monter une enquête des plus intéressantes.

Les ingrédients sont ici les mêmes. Il y a un auteur dont on repère les grandes lignes de l'écriture (ici Poe, avec son affection pour les hasards, l'absurdité, les conventions sociales à briser, les héros qui persévèrent envers et contre tout, même la raison), une enquête à résoudre, une passion pour l'auteur en question mise en scène dans l'histoire.

Je dois l'avouer, j'en ai presque eu l'impression de lire du Edgar Allan Poe! Tout y était, même les clins d'oeil aux histoires extraordinaires. Pour les amateurs, ce livre est à lire.

Cependant, je me permettrai ici une petite critique. Matthew Pearl rend hommage à de grands auteurs en les adaptant dans des polars. Il reprend leurs écritures et leurs conventions. Même si les bonnes idées sont toujours copiées, les grands créateurs sont ceux qui savent les mettre à leur sauce. Plutôt que de copier de grands styles (ce qu'il fait très bien je l'avoue), pourquoi ne pas créer le sien, pour inspirer d'autres auteurs à son tour? A rester dans l'ombre des grands auteurs, il n'en sera jamais vraiment un.

la rentrée après l'été


La rentrée est déjà là. A croire que les étés passent toujours trop vite pour qu'on prenne le temps d'écrire un petit texte, alors que septembre, pourtant plus chargé, voit ce moment d'écriture arriver!

De nombreux livres cet été, sous le soleil et aussi la pluie. Pourtant, je n'en retiens que trois. Je vais ici parler de l'un d'eux. Un classique, que j'ai aimé relire: Alice au pays des merveilles... Rien à voir avec la sucrerie nauséabonde de Tim Burton. Je parle ici du livre, le wonderland de Lewis Carroll.

Une ode à l'absurde de l'enfance, à l'inconstance des rêves. Ce livre nous mène dans des méandres, qui, pour être aimés, supposent qu'on abandonne enfin notre rationalité d'adulte. Evidemment, Alice elle aussi pose des questions à ce qu'elle rencontre (vivant ou non), mais ça ne sont jamais celles que nous poserions nous, adulte.

Comme quoi, il faut connaître ses classiques!

vendredi 16 juillet 2010

A B C D U(ngerer)


Je laisse ici un petit livre merveilleux pour les amoureux de Tomi Ungerer. Son abécédaire retrace sa vie, ses goûts, ses lecture, son envie pour la création.
Pour chaque lettre (que l'illustrateur a dessinée), on trouve une page gauche pour les réflexions de l'auteur, et une page droite dédiée à l'enfant dévorant ces pages (ou à nos coeurs d'adultes sachant encore rêver).Ungerer y pousse le lecteur à créer sur le sujet de ces pages.
Petite cerise de fin d'ouvrage, quatre pages sont laissées au lecteur. C'est à nous qu'il incombe de finir cet abécédaire, au-delà du Z donc, pour aller au-delà des mots?

La vraie fin du livre est un jeu de l'oie pas comme les autres, dont les règles ont été faites par Ungerer. Voilà s'il en était besoin une autre preuve que cet écrivain joue et jouera toujours avec les codes des livres, quels qu'ils soient. Pour notre plaisir de grands gamins...

lundi 12 juillet 2010

Pour rire ou rêver


Bien qu'en pleine séance de "L'ombre d'Edgar Poe", je laisse une petite note sur un livre qui m'a joliment faite rêver il y a une semaine.

Le "manuel de Sorcière" de Selene Silvermind, édité par Le pré aux clercs. Cette maison d'édition éditent de magnifiques livres, dont certains ésotériques (avec l'air faussement véridique, mais hautement imaginatif). Celui-ci en fait partie. Sorte de guide à l'usage des sorcières débutantes, vous trouverez tout ce dont vous avez besoin pour construire votre baguette, choisir votre style de sorcellerie, avec code morale à la clef.
Bien qu'un peu trop tendance "Charmed" à mon goût, ce livre était parfait pour commencer les vacances, m'intéresser aux phases de la Lune, et me faire rester devant des étales d'herbes et plantes aromatiques des marchés de l'été.
Une jolie lecture donc. Je doute que vous deveniez sorcier en le lisant, mais un peu d'ouverture d'esprit ne fait jamais de mal. Et puis, pour mettre en place un personnage de sorcière dans un jeu de rôle, c'est parfait!

Un dernier conseil, aller sur le site "le pré aux clercs", non seulement il est bien fait, mais je bave d'envie devant de nombreuses nouveautés...

Une île hors vacances scolaires


Des polars... Depuis la lecture des romans de James Ellroy il y a déjà quelques années, je ne m'y étais pas remise. Le roman noir peuplé de créatures férocement humaines et déglinguées, j'en avais profité avec bonheur, mais dans l'excès.
Il y a environ deux mois, un livre m'a redonné cette envie. Mais j'ai suivi une autre voie que celle du grand maître de Los Angeles. Pendant ces quelques années, les livres ont un peu changé. Il était temps pour moi de découvrir le nouveau visage des enquêtes en imper de mauvaise facture.

Shutter Island de Dennis Lehane. Je n'avais alors pas vu le film, et mon frère pensait que ce livre me plairait. Il avait raison. Parfait pour reprendre le polar quand on a pris d'autres habitudes, telle l'écriture de Robin Hobb.

Shutter Island est très bien écrit. Cela représente à mon goût sa plus grande force. On se laisse bercer par ces mots fluides, générateurs d'images. Nous sommes dans la tête de Teddy, et en même temps dans les yeux de son observateur, le docteur Sheenan. Je m'arrêterai là pour l'histoire, car dévoiler ne serait-ce qu'un peu, c'est déjà trop en dire.
De dédales en détours, je me suis laissée envoûter par le cerveau torturé de Teddy, par son amour perdu, par sa tristesse. Un polar claustrophobe, malgré tout intimiste, et qui prend le pari de ne finalement pas vraiment ressembler à un polar.
Décidément, ces nouvelles générations d'enquêtes me plaisent, vivement la prochaine.