mardi 7 septembre 2010

un hommage (un peu trop?) appuyé


"L'ombre d'Edgar Poe" de Matthew Pearl. J'ai toujours aimé le grand Edgar, alors quand on m'a offert ce livre, j'en aurais bondi de joie! L'auteur est un habitué des hommages. Son livre "Le cercle de Dante" se servait déjà de "la Divine Comédie" pour monter une enquête des plus intéressantes.

Les ingrédients sont ici les mêmes. Il y a un auteur dont on repère les grandes lignes de l'écriture (ici Poe, avec son affection pour les hasards, l'absurdité, les conventions sociales à briser, les héros qui persévèrent envers et contre tout, même la raison), une enquête à résoudre, une passion pour l'auteur en question mise en scène dans l'histoire.

Je dois l'avouer, j'en ai presque eu l'impression de lire du Edgar Allan Poe! Tout y était, même les clins d'oeil aux histoires extraordinaires. Pour les amateurs, ce livre est à lire.

Cependant, je me permettrai ici une petite critique. Matthew Pearl rend hommage à de grands auteurs en les adaptant dans des polars. Il reprend leurs écritures et leurs conventions. Même si les bonnes idées sont toujours copiées, les grands créateurs sont ceux qui savent les mettre à leur sauce. Plutôt que de copier de grands styles (ce qu'il fait très bien je l'avoue), pourquoi ne pas créer le sien, pour inspirer d'autres auteurs à son tour? A rester dans l'ombre des grands auteurs, il n'en sera jamais vraiment un.

la rentrée après l'été


La rentrée est déjà là. A croire que les étés passent toujours trop vite pour qu'on prenne le temps d'écrire un petit texte, alors que septembre, pourtant plus chargé, voit ce moment d'écriture arriver!

De nombreux livres cet été, sous le soleil et aussi la pluie. Pourtant, je n'en retiens que trois. Je vais ici parler de l'un d'eux. Un classique, que j'ai aimé relire: Alice au pays des merveilles... Rien à voir avec la sucrerie nauséabonde de Tim Burton. Je parle ici du livre, le wonderland de Lewis Carroll.

Une ode à l'absurde de l'enfance, à l'inconstance des rêves. Ce livre nous mène dans des méandres, qui, pour être aimés, supposent qu'on abandonne enfin notre rationalité d'adulte. Evidemment, Alice elle aussi pose des questions à ce qu'elle rencontre (vivant ou non), mais ça ne sont jamais celles que nous poserions nous, adulte.

Comme quoi, il faut connaître ses classiques!

vendredi 16 juillet 2010

A B C D U(ngerer)


Je laisse ici un petit livre merveilleux pour les amoureux de Tomi Ungerer. Son abécédaire retrace sa vie, ses goûts, ses lecture, son envie pour la création.
Pour chaque lettre (que l'illustrateur a dessinée), on trouve une page gauche pour les réflexions de l'auteur, et une page droite dédiée à l'enfant dévorant ces pages (ou à nos coeurs d'adultes sachant encore rêver).Ungerer y pousse le lecteur à créer sur le sujet de ces pages.
Petite cerise de fin d'ouvrage, quatre pages sont laissées au lecteur. C'est à nous qu'il incombe de finir cet abécédaire, au-delà du Z donc, pour aller au-delà des mots?

La vraie fin du livre est un jeu de l'oie pas comme les autres, dont les règles ont été faites par Ungerer. Voilà s'il en était besoin une autre preuve que cet écrivain joue et jouera toujours avec les codes des livres, quels qu'ils soient. Pour notre plaisir de grands gamins...

lundi 12 juillet 2010

Pour rire ou rêver


Bien qu'en pleine séance de "L'ombre d'Edgar Poe", je laisse une petite note sur un livre qui m'a joliment faite rêver il y a une semaine.

Le "manuel de Sorcière" de Selene Silvermind, édité par Le pré aux clercs. Cette maison d'édition éditent de magnifiques livres, dont certains ésotériques (avec l'air faussement véridique, mais hautement imaginatif). Celui-ci en fait partie. Sorte de guide à l'usage des sorcières débutantes, vous trouverez tout ce dont vous avez besoin pour construire votre baguette, choisir votre style de sorcellerie, avec code morale à la clef.
Bien qu'un peu trop tendance "Charmed" à mon goût, ce livre était parfait pour commencer les vacances, m'intéresser aux phases de la Lune, et me faire rester devant des étales d'herbes et plantes aromatiques des marchés de l'été.
Une jolie lecture donc. Je doute que vous deveniez sorcier en le lisant, mais un peu d'ouverture d'esprit ne fait jamais de mal. Et puis, pour mettre en place un personnage de sorcière dans un jeu de rôle, c'est parfait!

Un dernier conseil, aller sur le site "le pré aux clercs", non seulement il est bien fait, mais je bave d'envie devant de nombreuses nouveautés...

Une île hors vacances scolaires


Des polars... Depuis la lecture des romans de James Ellroy il y a déjà quelques années, je ne m'y étais pas remise. Le roman noir peuplé de créatures férocement humaines et déglinguées, j'en avais profité avec bonheur, mais dans l'excès.
Il y a environ deux mois, un livre m'a redonné cette envie. Mais j'ai suivi une autre voie que celle du grand maître de Los Angeles. Pendant ces quelques années, les livres ont un peu changé. Il était temps pour moi de découvrir le nouveau visage des enquêtes en imper de mauvaise facture.

Shutter Island de Dennis Lehane. Je n'avais alors pas vu le film, et mon frère pensait que ce livre me plairait. Il avait raison. Parfait pour reprendre le polar quand on a pris d'autres habitudes, telle l'écriture de Robin Hobb.

Shutter Island est très bien écrit. Cela représente à mon goût sa plus grande force. On se laisse bercer par ces mots fluides, générateurs d'images. Nous sommes dans la tête de Teddy, et en même temps dans les yeux de son observateur, le docteur Sheenan. Je m'arrêterai là pour l'histoire, car dévoiler ne serait-ce qu'un peu, c'est déjà trop en dire.
De dédales en détours, je me suis laissée envoûter par le cerveau torturé de Teddy, par son amour perdu, par sa tristesse. Un polar claustrophobe, malgré tout intimiste, et qui prend le pari de ne finalement pas vraiment ressembler à un polar.
Décidément, ces nouvelles générations d'enquêtes me plaisent, vivement la prochaine.

mercredi 2 juin 2010

n'éteins pas la lumière...

Ne vous fiez pas à l'appellation "Luc Besson présente". Même si vous n'aimez pas Taxi, ce livre n'a rien à voir.
Certes, ce n'est pas un chef d'oeuvre de la littérature, mais je vous le conseille fortement.
Une histoire sur le thème du passage à l'âge adulte. Un groupe d'enfants à la goonies (on est dans les années 80's, amis du syndrome peter pan, ce livre est fait pour vous) découvrent en jouant un cadavre atrocement mutilé. C'est le début d'une suite d'évènements mystérieux. Fan de "ça", le bonhomme nuit va vous réveiller quelques souvenirs.

Et pour cause.

L'auteur, Loïc Le Borgne a écrit un livre à lire deux fois. Une pour la découverte, l'autre pour tout revivre en sachant, en connaissant le fin mot de l'histoire.
Des retournements de situation maintiennent le suspens, le personnage principal m'a beaucoup plu. Reste un scène pouvant paraître un peu grand guignol, mais l'explication venant à la fin, tout se justifie.
Mais surtout, ce livre a une qualité rare. il m'a donné envie de lire d'autres livres. Il m'a donné envie de me relancer dans les polars. Alors, rien que pour cela, "Je suis ta nuit"est un bon livre à mes yeux.

samedi 29 mai 2010

Des fées (encore!)


Critiquer sans vraiment proposer une solution ne sert pas à grand chose. Non satisfaite de ma dernière lecture, j'ai cherché des livres sur les fées qui pourraient me plaire. J'en ai trouvé trois.

La petite faiseuse de Sandrine Gestin.
Critiquable sous de nombreux aspects, ce livre a l'avantage de rester dans l'imaginaire. Nous suivons une fée amnésique qui cherche son histoire à partir des objets qu'elle a trouvés à son réveil. Elle s'éveillera à ce qu'elle est par ses nombreuses rencontres. Les illustrations sont vraiment superbes et soutiennent l'histoire quand celle-ci tombe dans de l'attendu. Une jolie lecture.

Le guide du chasseur de fées de Edward Brasey.
Un livre entre le documentaire fiction et la littérature. Pour un peu, on se mettrait à y croire. Si, à la fin du livre, vous ne laissez pas un peu de lait près de votre cheminée pour ces esprits, alors je ne comprends pas (ou vous êtes simplement sain d'esprit...).

Pour finir, le traité de Faery de Ismaël Mérindol.
Je dois avouer ne pas encore en avoir fini la lecture. Pourtant, je passe un très bon moment. J'ai l'impression de tenir dans mes mains un incunable qui va m'ouvrir les portes de ce monde inconnu des fées. Et surtout m'avertir de ses dangers.

Trois livres vraiment différents pour un sujet souvent mal traité. Les fées ne sont pas un sous genre niais des légendes du Roi Arthur, et ne doivent surtout pas être traitées comme tel. Les fées font partie d'un imaginaire traditionnel, certes apparentées aux contes, mais qui a lu une fois les contes véritables du moyen âge sait que même des contes peuvent être effrayants. Alors pourquoi ne pas rendre leurs lettres de noblesse aux esprits ailés, toujours prompts à stimuler l'imaginaire?