mercredi 9 février 2011

dommage...


"Dragons et serpents". Je n'avais pas lu ce livre de Robin Hobb, et venant de terminer le dernier publié du guerrier chaman, j'étais heureuse de le découvrir. On y retrouve la pâte de l'auteur: des personnages attachants, un univers toujours aussi travaillé, une sensibilité à fleur de peau. Bref, tout ce qui fait qu'on l'aime.

Alors pourquoi n'ai-je jamais vraiment accroché à l'histoire du dragon Tintaglia, de la jeune fille lézard Thymara et d'Alise?

Je crois que le rythme extrêmement lent de l'histoire a fini par me lasser. En effet, il ne se passe pas grand chose durant 326 pages... Reste que cela n'est que le premier livre d'une chronique qui débute, il faudra voir si cela change dans la suite. Mais tout de même, 326 pages pour ça...

Fragiles


Je me baladais chez mon libraire quand mon oeil fut attiré par cette jolie couverture: des papillons sur une tête de Christ. En m'approchant, je découvre ce livre "prix de l'imaginaire". Il a été écrit par Neil Gaiman, l'auteur de Coraline. Ce livre se nomme "Des choses fragiles", et je vous le conseille vivement!

IL s'agit d'un recueil de nouvelles, entrecoupées de poèmes de l'auteur. Evidemment certaines nouvelles sont meilleures que d'autres, mais force est de constater toute la subtilité de l'auteur dans ces écrits. Je salue au passage mon moment préféré, cette histoire où les saisons se racontent leurs histoires d'humains favories lors d'une veillée...

A noter l'intrusion de Sherlock Holmes chez l'univers de Lovecraft dans l'une des nouvelles. On regrette que cela ne soit qu'une nouvelle... La suite, la suite!


De la fantasy, mais à quel prix?

Cela fait quelques temps que je n'ai pas écrit sur ce blog, alors attrapons le temps qui s'est enfui, le lâche, en parlant de l'un des livres que j'ai lu durant ce long moment. Que dis-je, de l'un des livres, non de la chronique de quatre livres que j'ai lue avec, ben, c'est là tout le problème, détermination et obstination.

Michel Robert est un écrivain de Fantasy française. En tant que fan inconditionnelle de Mathieu Gaborit, j'aime bien suivre ce qui se fait dans notre pays, notamment parce qu'on ne passe pas par une traduction. Je me renseigne donc, et je tombe sur Michel Robert. De la fantasy et du sexe, c'est ce que je lis lorsque je tombe sur lui. Pourquoi ne pas essayer, cela peut-être amusant.

Et bien, c'est un peu dommage, cela tombe à plat. Je m'explique.

L'univers est un univers de fantasy avec des monstres, de la magie, des méchants, une confrérie du mal et une confrérie du bien, une guerre millénaire entre tout ça et un grand maître de la souffrance qui compte bien finir par régner. Rien de nouveau sous le soleil, mais cela n'empêche pas de bons auteurs de faire de bons livres. Le principe de départ parait de plus alléchant, nous serons du côté des méchants, en suivant Cellendhyl de Cortovar au service du grand Morion, mon personnage préféré du livre. Le "héros" est un personnage antipathique et désagréable, ce qui renforce au départ un bon a priori.

Mais le livre n'est en fait pas un livre de fantasy. Finalement, Michel Robert à transposé une histoire d'espions tout ce qu'il y a de plus conventionnelle et contemporaine dans un univers de fantasy avec de la magie. Cela pourrait être une bonne idée, mais l'univers s'en trouve du coup réellement appauvri. On prend exactement le même univers que le nôtre, mais on change les noms. Par exemple, un sanglier devient un sanglier-garou, les étoiles Michelin des restaurants deviennent des toques d'or... Passer le premier moment de rire, on cherche durant tout le livre à retrouver les noms réels de ce prétendu monde imaginaire. On est loin de Gaborit.

Les descriptions ne valent pas mieux. Elles ne sont généralement là que pour marquer l'ostentation et le luxe de certains lieux, un peu comme le ferait une caméra documentaire, mais sans finalement jamais rien nous apprendre sur les personnages. Or, à quoi servent les descriptions, si ce n'est à nous apprendre ce que ressentent les héros. D'ailleurs, afin de contrer ce souci, Michel Robert, après chaque description, se sent obligés d'écrire ce que ressentent les personnages face à ce qu'ils voient. D'où une lecture qui s'allonge, s'allonge...

De plus, si l'écriture du premier opus se tient malgré tout, les choses changent au second livre. Par exemple, afin de bien marquer la déchéance mentale de Cellendhyl, chaque paragraphe le concernant au début du livre finit par le mot "vulnérable". Ce qui est une bonne idée la première fois n'en est plus une la troisième lorsque rien n'a changé, et que ,finalement, on avait bien compris la première fois, si si! Mieux vaut garder les répétitions lorsqu'elles signifient quelque chose...

Quant aux personnages, ils sont certes très beaux, mais très creux! Prenons la fille du chaos. Nymphomane droguée notoire très bien décrite, elle reste finalement amourachée on ne sait pourquoi de Cellendhyl et ses actions "obscures" ne valent pas un mauvais roman policier de gare.

Quant au fait de vendre ces livres sur la présence de sexe, ne vous attendez pas non plus à de grands moments, car tout reste toujours assez poli et digne du sexe chez Marion Zimmer Bradley. C'est quelque chose de très doux, mais là où cela va avec les héros de Bradley, on se demande ce que cela vient faire chez des gros "bourrains" du chaos du type Cellendhyl.

J'ai au final eu l'impression de lire un scénario de cinéma, mais pas de la littérature. C'est bien là tout le souci! Si vous désirez tenter votre chance, arrêtez vous au premier.

lundi 1 novembre 2010

un peu de nostalgie


Les vacances de la Toussaint ont toujours un goût un peu étrange, teinté de sucre, de pluie et de réflexion. C'est dans cette humeur que j'ai relue des livres de Roald Dahl. Notamment "Un conte peut en cacher un autre". Même si beaucoup de ces livres ont ce génie qui nous permet de rire tout en s'émerveillant, celui-ci reste mon préféré.

Qui n'a jamais eu envie de dire à Boucle d'or qu'elle était mal élevée, de crier au petit chaperon rouge de ne pas se laisser faire? Roald Dahl évacue toutes les frustrations de notre enfance concernant les contes.

Il laisse entre ces lignes un génie du burlesque que ne font que renforcer les rimes qui parcourent l'ouvrage. Roald Dahl, en plus d'avoir de l'humour, écrivait très bien. Ses livres se lisent avec plaisir. "Un conte peut en cacher un autre" est une merveille, à relire dès que le spleen s'installe, pour le chasser à coup de petit chaperon armée jusqu'aux dents.

mardi 7 septembre 2010

oh oui!!!


Carlos Ruiz Zafon. Ces trois noms ensemble signifient désormais beaucoup pour moi. Je me suis cet été plongé dans "L'ombre du vent". Une découverte incroyable! Un nouvel auteur à suivre.

Nous suivons l'histoire de Daniel, enfant de 8 ans dans l'Espagne franquiste. Il vit avec son père, dans le souvenir oppressant d'une mère décédée. Un jour, son père l'emmène au cimetière des livres oubliés, où Daniel trouve, perdu dans des méandres labyrinthiques, le livre "l'ombre du vent".

Mais ce livre n'a pas été transposé là par hasard, et Daniel devra, en plus de vivre sa vie, protéger ce livre, comme on se doit de protéger la littérature en général, garante de la survie de l'imaginaire et de l'espoir.

Car ce livre ne se contente pas d'être un roman fantastique à part entière, plein de mystère et parfois de suspens. C'est aussi un roman nostalgique sur la vie d'un garçon qui devient un homme, avec ses désillusions et ses bonheurs. C'est avant tout un cri d'amour à la littérature, à ces histoires qui nous prennent l'imagination, à l'intrication de l'imaginaire et de la vie des amoureux de la lecture.

Cela faisait longtemps qu'un livre ne m'avait pas autant plu! je dois avouer avoir même pleurer de bonheur quand Daniel et son père recueillent... Mais chut, j'en ai déjà trop dit...

Cerise sur le Carax (auteur du roman mystère dans le livre), la suite est disponible...

un hommage (un peu trop?) appuyé


"L'ombre d'Edgar Poe" de Matthew Pearl. J'ai toujours aimé le grand Edgar, alors quand on m'a offert ce livre, j'en aurais bondi de joie! L'auteur est un habitué des hommages. Son livre "Le cercle de Dante" se servait déjà de "la Divine Comédie" pour monter une enquête des plus intéressantes.

Les ingrédients sont ici les mêmes. Il y a un auteur dont on repère les grandes lignes de l'écriture (ici Poe, avec son affection pour les hasards, l'absurdité, les conventions sociales à briser, les héros qui persévèrent envers et contre tout, même la raison), une enquête à résoudre, une passion pour l'auteur en question mise en scène dans l'histoire.

Je dois l'avouer, j'en ai presque eu l'impression de lire du Edgar Allan Poe! Tout y était, même les clins d'oeil aux histoires extraordinaires. Pour les amateurs, ce livre est à lire.

Cependant, je me permettrai ici une petite critique. Matthew Pearl rend hommage à de grands auteurs en les adaptant dans des polars. Il reprend leurs écritures et leurs conventions. Même si les bonnes idées sont toujours copiées, les grands créateurs sont ceux qui savent les mettre à leur sauce. Plutôt que de copier de grands styles (ce qu'il fait très bien je l'avoue), pourquoi ne pas créer le sien, pour inspirer d'autres auteurs à son tour? A rester dans l'ombre des grands auteurs, il n'en sera jamais vraiment un.

la rentrée après l'été


La rentrée est déjà là. A croire que les étés passent toujours trop vite pour qu'on prenne le temps d'écrire un petit texte, alors que septembre, pourtant plus chargé, voit ce moment d'écriture arriver!

De nombreux livres cet été, sous le soleil et aussi la pluie. Pourtant, je n'en retiens que trois. Je vais ici parler de l'un d'eux. Un classique, que j'ai aimé relire: Alice au pays des merveilles... Rien à voir avec la sucrerie nauséabonde de Tim Burton. Je parle ici du livre, le wonderland de Lewis Carroll.

Une ode à l'absurde de l'enfance, à l'inconstance des rêves. Ce livre nous mène dans des méandres, qui, pour être aimés, supposent qu'on abandonne enfin notre rationalité d'adulte. Evidemment, Alice elle aussi pose des questions à ce qu'elle rencontre (vivant ou non), mais ça ne sont jamais celles que nous poserions nous, adulte.

Comme quoi, il faut connaître ses classiques!